G e O s t r a t O s

Geostratos, le centre francophone d’information et d’étude géopolitique contemporaine

Portrait du leader historique du PKK: Abdullah Ocalan

Posted by geostratos sur 16 mars 2006

abdullah_01.jpg
Né en 1948 dans un village à l’est de la Turquie province d’Urfa), Abdullah Ocalan a entamé des études en sciences politiques à l’Université d’Ankara avant d’être emprisonné un première fois en 1972 pour ses liens avec différents groupuscules communistes.

Il crée en novembre 1978 le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mêle une idéologie marxiste-léniniste à un pankurdisme visant à réunir les Kurdes de Turquie, d’Irak, d’Iran et de Syrie dans un grand Kurdistan, le tout sur fond de culte de la personnalité qui ne cessera d’aller croissant. Les partisans d’Abdullah Ocalan sont d’ailleurs d’abord nommés « Apocular », ce qui signifie en turc les partisans d’Apo (diminutif kurde d’Abdullah). C’est le 15 août 1984 que le PKK lance vraiment sa guérilla contre le gouvernement d’Ankara en attaquant un poste de gendarmerie à Eruh (province de Siirt) dans le sud-est de la Turquie.

Bénéficiant de bases arrières en Syrie et dans la plaine libanaise de la Bekaa, le PKK intensifie ses actions sur le territoire turc. Le PKK s’en prend essentiellement aux militaires turcs mais aussi aux villageois kurdes qui ont été enrôlés de gré ou de force dans des milices de « protecteurs de village » levées par l’armée pour lutter contre le PKK.

A la fin des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt dix, le PKK est devenu très influent dans le sud-est de la Turquie. La réaction de l’armée turque est très violente. La sale guerre qui oppose alors le PKK à l’armée turque se fait sur le dos de la population civile kurde qui vit sous le régime d’Etat d’urgence. Les campagnes sont particulièrement affectées et des milliers de villages, victimes d’une politique de la terre brûlée, sont vidés de leurs habitants qui vont s’entasser dans les grandes villes de la région, de la côte égéenne et de l’Ouest du pays. Le PKK, en la personne de son chef Abdullah Ocalan, propose alors un cessez-le-feu auquel la Turquie, qui ne prétend pas dialoguer avec des terroristes, ne donne pas suite.

abdullah_02.jpg Exilé en Syrie depuis 1984, Abdullah Ocalan ménage le régime syrien en omettant toute revendication en faveur des Kurdes syriens, déniant même, dans des interviews à des journalistes syriens officiels, que les Kurdes de Syrie puissent bénéficier du moindre droit en matière d’autonomie culturelle ou politique, « dès lors qu’ils ne sont que des immigrés venus de Turquie ».

Il est toutefois obligé de quitter ce pays en octobre 1998 sous la pression de la Turquie qui a massé des troupes à la frontière syrienne. Il se rend alors à Moscou où la Douma demande que l’asile politique lui soit accordé mais le gouvernement russe, à la demande de la Turquie, d’Israël et des Etats-Unis le lui refuse. Le 13 novembre 1998, il arrive à Rome et demande l’asile politique. Les autorités turques pour leur part demandent son extradition, mais l’Italie refuse de l’extrader dans un pays qui applique encore la peine de mort. De son côté l’Allemagne, qui avait émis un mandat d’arrêt international à son encontre pour des attentats commis sur son territoire, ne réclame pas son extradition. Il quitte l’Italie le 16 janvier 1999 pour une destination inconnue. Le 1er février, il tente de se rendre à la Cour Internationale de Justice de La Haye mais est refoulé à l’aéroport d’Amsterdam. Il trouve refuge à l’ambassade de Grèce au Kenya mais est enlevé par des agents secrets turcs avec l’aide du Mossad israélien.

Il est alors emmené le 16 février 1999 en Turquie où il est emprisonné sur l’île-prison d’Imrali. Le 29 juin 1999, il est condamné à mort pour avoir fondé le PKK et mené une guerre de quinze ans contre la Turquie à la suite d’un procès où il opère une spectaculaire volte-face en annonçant qu’il renonce à la lutte armée, en demandant pardon aux mères de soldats turcs tués sur le front, oubliant au passage les mères de guérilleros kurdes, et surtout où il annonce qu’il rejette désormais toute idée d’un grand Kurdistan, ou même d’une fédération, au profit d’un concept de « République démocratique » aux contours assez flous.

abdullah_03.jpg

Le PKK, où le culte de la personnalité d’Abdullah Ocalan avait atteint des sommets (comparé entre autres avec Socrate, qualifié de « soleil du peuple kurde »), est donc décapité par l’arrestation de son chef. Dans la foulée de réformes visant à rendre compatible l’adhésion européenne de la Turquie, la peine de mort, qui n’était plus appliquée depuis 1984, est abolie. Abdullah Ocalan échappe ainsi à la peine capitale. Il est donc depuis emprisonné sur l’île d’Imrali où sa libération, hautement improbable, est devenu l’obsession des militants du PKK qui s’est depuis transformé en KADEK (Congrès pour la liberté et la démocratie au Kurdistan).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :