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Les premières victimes du terrorisme de l’OMPI

Posted by geostratos sur 12 mars 2007

Introduction

Tirant la leçon de l’échec du mouvement insurrectionnel de 1963, qui était de nature essentiellement politique, donc pacifiste, l’OMPI décide, dès sa création, d’adopter une nouvelle forme de combat : la lutte armée.

Dans un article intitulé  » La lutte armée est une nécessité historique « , paru en novembre 1974 dans Mojahed, organe du mouvement, on lit notamment ceci :  » A la question : que faire ?, notre réponse est sans ambages : la lutte armée « .  » Ce fut un tournant dans l’histoire contemporaine de l’Iran. Avant cette date, il n’y a jamais eu d’affrontements armés. Les manifestations contre le régime dictatorial du Chah étaient toutes pacifiques. La répression brutale qui s’abattit sur les opposants a incité ces derniers à recourir à la force des armes « , explique Mohamed Ahmadi, spécialiste iranien des mouvements terroristes. Les Moujahidins, qui inscrivent leur combat dans le sillage des révolutionnaires algériens, cubains et vietnamiens, ne tardent pas à envoyer certains de leurs adhérents dans des camps de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), au Liban et en Syrie, où ces derniers reçoivent un entraînement militaire et se familiarisent avec le maniement des armes.

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Premiers attentats, premières victimes

Durant leurs six premières années d’existence, les Moujahidins préfèrent opérer dans la clandestinité au sein de cellules entièrement vouées à l’étude et aux discussions idéologiques. En 1970, ils commencent à mettre en place les cellules spécialisées dans la lutte armée. Quatre « groupes » spécialisés seront ainsi mis sur pied.

Le « groupe des renseignements » a pour mission de recueillir les informations sur les proches du Chah, les personnalités les plus influentes du régime et les membres de la Savak. L’un de ses membres, Nacer Samavati, un technicien du ministère de l’Energie, de l’Eau et de l’Electricité, parvient à pénétrer dans un bâtiment des services secrets iraniens, situé en plein parc de Mehran, au nord de Téhéran, sous prétexte de réparer ses installations électriques. En peu de temps, le groupe parvient à recueillir des informations sur près de 2 000 agents de la Savak et à mettre au point deux plans pour kidnapper le fils d’Ashraf Pahlavi, la sœur du Chah, et l’ambassadeur des Etats-Unis. Mais les deux tentatives échouent.

Le « groupe d’approvisionnement » a pour mission de ramasser les armes et les munitions nécessaires à l’organisation d’attentats, d’attaques contre les gendarmeries et de hold-up de banques et de sociétés.

Le « groupe des artificiers » initie les membres à la préparation et au maniement des explosifs. L’un des responsables de ce groupe, Hussein Khosrov, qui a été formé par des instructeurs palestiniens, a réuni, dans un ouvrage publié en 1973, toutes les connaissances qu’il a acquises dans ce domaine.

Le dernier groupe, celui de « la formation militaire », assure l’entraînement des membres et leur formation dans les stratégies de combat et les techniques de la guérilla urbaine. L’un des leaders de l’organisation, Hanif Nezhad, qui sera exécuté en 1980, défend l’idée que les Moujahidins doivent être des  » révolutionnaires professionnels  » et des guerriers polyvalents.  » Chaque combattant doit être à lui seul une organisation », dit-il notamment.

En 1971, les Moujahidins mettent au point un plan d’attentat à l’explosif contre la principale centrale électrique de Téhéran, espérant ainsi interrompre les festivités marquant le 2 500e anniversaire de la monarchie en Iran, auxquelles le Chah veut donner un faste particulier. L’opération tourne court. L’organisation, déjà infiltrée par la Savak, paye lourdement le prix de son échec. En l’espace de deux mois, 120 de ses membres, dont une quinzaine de leaders, sont arrêtés et jugés. Leurs procès projettent l’organisation, jusque-là inconnue du public, sur les devants de la scène politique iranienne. En procédant à l’arrestation de nombreux étudiants soupçonnés d’appartenance au mouvement, la Savak pousse, sans le vouloir, le mouvement estudiantin à se radicaliser davantage.

A la répression qui s’abat sur eux, les Moujahidins répondent par des actions armées, le terrorisme d’Etat justifiant, à leurs yeux, la recrudescence de violence révolutionnaire. Le second grand affrontement entre la jeune organisation et le régime du Chah a lieu à l’occasion de la visite du président américain Richard Nixon en Iran, en 1972. Pour marquer leur opposition aux Etats-Unis, les Moujahidins font exploser des bombes dans une douzaine de sites à travers le pays. Parmi les cibles touchées se trouvent la Société irano-américaine, le Bureau d’information des Etats-Unis, les locaux de Pepsi Cola et de la General Motors, deux symboles de l’hégémonie économique américaine, le mausolée de Reza Khan et l’ambassade britannique. Au cours des années 1972-1980, l’organisation revendique d’autres attaques à l’explosif contre les bâtiments de nombreuses sociétés américaines, britanniques et israéliennes, comme Pan-American Airlines, Shell Oil, Yorkshire Insurance, Technoiss et autres General Co., ainsi que des postes de police et des prisons iraniens. Ces attentats font plusieurs dizaines de morts, dont six citoyens américains, et des centaines de blessés.

Les victimes américaines seront : Le lieutenant Colonel de l’US Army Lewis Hawkins, assassiné le 02/9/73 Le colonel de l’Air Force Paul Schaeffer, assassiné le 21/5/75 Le lieutenant colonel de l’Air Force Jack Turner, assassiné le 21/05/75 Donald Smith, Robert Krongrad et William Cottrell, tous trois cadres de la société Rockwell International, assassinés le 28/08/76 Les Moujahidins revendiquent tous ces attentats dans des communiqués incendiaires et menaçants. Ils poussent le zèle révolutionnaire jusqu’à tirer quelque gloriole de cet activisme sanglant. Certains de leurs membres, qui sont reconnus coupables d’homicides, sont condamnés à mort et exécutés. L’organisation a désormais ses « héros » et ses « martyrs ». Le sang appelant le sang, le cycle infernal des ripostes et des représailles ne s’arrêtera plus.

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