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Geostratos, le centre francophone d’information et d’étude géopolitique contemporaine

Archive for février 2008

Le PKK lache ses militants

Posted by geostratos sur 28 février 2008

Alors que les auteurs présumés de l’attentat à la voiture piégée qui a fait six morts jeudi à Diyarbakir (sud-est de la Turquie) ont été arrêtés, le PKK a étonnement présenté ses « excuses » pour l’attentat, expliquant qu’il avait été commis par des membres de l’organisation agissant de leur propre chef.

Il faut savoir que le suspect principal est un jeune Kurde de 23 ans qui aurait suivi un entraînement dans un des camps dont disposent les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l’Irak.

Ces inhabituels remords de l’organisation terroriste kurde proviennent sans doute du fait que sa direction politique a compris la désastreuse image que cet attentat sanglant donnait au PKK. Et ceci à un moment où le groupe kurde risque d’avoir grand besoin que l’opinion internationale empêche l’armée turque de pénétrer en Irak afin de le liquider une bonne fois.

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OMPI-CNRI : les frères siamois de la terreur !

Posted by geostratos sur 22 février 2008

Les terroristes et les assassins idéologiques de tout poils utilisent souvent la même méthode lorsqu’ils comprennent que le côté violent de leurs agissements peut desservir leur politique et leur faire rater leurs objectifs : ils créent une aile politique.

L’ETA basque a le parti Herri Batasuna, l’IRA a eu le Sinn Fein, le FLNC corse a eu A Cuncolta Naziunalista, les CCC belges avaient le collectif Ligne Rouge, etc…

Officiellement, il s’agit de partis indépendants des groupes terroristes mais en réalité le financement, les objectifs et même parfois certains dirigeants sont en commun. On pense au n°2 du Sinn Fein dont il était connu qu’il fut à un certain moment le chef militaire de l’IRA.

Malgré ces liens et connivences, il est néanmoins rare qu’un groupe terroriste et sa branche politique soient aussi mélangés que ne le sont les Moudjahidins du Peuple iranien (dénommés en français l’OMPI) et le Conseil National de la Résistance Iranienne (le CNRI). Au point que dans ce cas ci, on peut quasiment parler d’une seule et même organisation qui change de nom selon son public ou ses objectifs du moment.

Nous vous invitons donc à cette radioscopie de deux frères siamois de la terreur : l’OMPI/CNRI.

Le CNRI : une coquille vide

A sa création en 1981, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) regroupe, autour de l’OMPI, sa principale composante, d’autres mouvements de l’opposition iranienne, tels que le Parti démocratique kurde d’Iran (PDKI), mouvement indépendantiste dirigé par Ghasem Loo, le Front national démocratique (FND), le Hoviyat (une branche des Fedayin), l’Union des communistes d’Iran (UCI), le Parti des travailleurs (PT), l’Union pour la libération des travailleurs (ULT), le Conseil de la gauche unifiée pour la démocratie et l’indépendance (CGUDI) et divers autres groupuscules de gauche.

Les Moujahidins refusent cependant l’adhésion d’autres mouvements de l’opposition, tels que le Mouvement de libération de l’Iran (MLI) ou Parti de la Liberté (PL), de Mehdi Bazargan, premier président de la République islamique d’Iran et ancien bras droit de Khomeïny, les Fedayin du peuple, le parti Toudeh (ou Parti communiste iranien) et les Monarchistes, particulièrement les Iraniens constitutionnalistes (IC) et l’Organisation du drapeau de la liberté de l’Iran (ODLI). Quant au Front national, parti nationaliste de l’ancien Premier ministre Mohamed Mossadegh, qui rejette le concept même de gouvernement islamique, il a refusé lui-même d’adhérer à cette instance.

Coalition politique des forces démocratiques iraniennes, faisant fonction de Parlement en exil, le CNRI est censé agir comme un gouvernement provisoire après le renversement des mollahs. Rapidement, ses membres non issus des rangs des Moujahidins butent contre le style autoritaire de Massoud Rajavi, dont la décision unilatérale de lier le Conseil à l’Irak soulève un tollé général. Cette alliance, considérée par certains comme un acte de trahison, a été formellement négociée par le chef des Moujahidins avec le ministre irakien des Affaires étrangères Tarek Aziz au cours d’une réunion tenue en janvier 1983 en France. Abolhassan Bani Sadr, le membre le plus important du CNRI, proteste contre cette alliance contre nature. Deux groupes coexistaient au sein du CNRI. Le premier préconisait le renversement du régime islamiste par tous les moyens, quitte à accepter l’aide de l’étranger. Tout en visant le même objectif, le second était opposé, par principe, à toute aide étrangère. L’OMPI faisait partie du premier et se lancera dans la collaboration avec Saddam Hussein lors de la guerre entre l’Iran et l’Irak.

Le CNRI entame ainsi un lent processus de désintégration. Pour protester contre les méthodes dictatoriales de Massoud Rajavi (chef de l’OMPI), la plupart des groupes qui le composent rendent leur tablier l’un après l’autre. Le chef des Moujahidins, qui cherche à contrôler totalement cette instance, s’oppose à toute forme de débat démocratique en son sein. Les Moujahidins déterminaient qui pouvait les rejoindre, qui méritait le droit de voter. Les détracteurs sont rejetés du Conseil national ou réduits au silence.

Le Parti démocratique kurde d’Iran (PDKI), qui quitte officiellement le CNRI en 1986, expliquera les raisons de ce départ, huit ans plus tard, en ces termes : « Nous considérons les Moujahidins, à la lumière de notre propre expérience avec eux, entre 1981 et 1986, et de leur attitude vis-à-vis des autres formations de l’opposition démocratique iranienne, comme une organisation antidémocratique et sectaire. Nous ne pouvons, en conséquence, faire confiance à leur fidélité aux aspirations démocratiques du peuple iranien ».

Interrogé sur les causes de son départ du CNRI, Khan Baba Tehranais, un militant de gauche, ancien membre de la Confédération des étudiants iraniens (CEI), qui vit actuellement à Hambourg, en Allemagne, a déclaré : « Les Moujahidins n’ont pas joué le rôle fédérateur et unificateur qui était censé être le leur. Ils ont toujours cherché, au contraire, à imposer leur domination et ne se sont pas gênés de semer la zizanie parmi les autres forces de l’opposition iranienne ».

Devenu une coquille vide, le CNRI est composé aujourd’hui de quelques centaines de membres (entre 200 et 300 selon les versions), en majorité des dirigeants de l’OMPI, entièrement contrôlé par les Rajavi. Les groupes associés, qui portent des noms divers (Association des étudiants musulmans, Association des enseignants et des professionnels iraniens, Association des femmes iraniennes, etc.), n’ont qu’une existence factice. Ils sont censés donner au CNRI l’apparence d’une instance regroupant « toutes les forces politiques qui combattent la dictature religieuse et terroriste en place en Iran et qui représentent les diverses couches sociales de la population iranienne », selon la phraséologie du mouvement.

Dans ce conseil où les adhérents individuels ont un droit de vote égal à celui des groupes, les critères d’adhésion ne sont pas clairement définis. En fait, c’est l’OMPI qui décide des adhésions selon son bon vouloir, ce qui vide cette instance de toute légitimité et crédibilité et en fait un instrument supplémentaire de contrôle aux mains d’un petit groupe sectaire.

Les cadres communs

On recense que plus de 110 cadres du CNRI ont aussi des fonctions au sein de l’OMPI. Le président auto-proclamé et porte parole officiel n’est autre que Massoud Rajavi, grand gourou de l’OMPI. Sans compter que la figure la plus connue du CNRI, n’est autre que son épouse Maryan Rajavi, désignée (par un vote de qui ?, ça promet pour ce qui est de donner plus de liberté aux Iraniens…) comme la future présidente de l’Iran. Comme gage d’indépendance du CNRI par rapport à l’OMPI, c’est mal barré.

Outre le coupe « divin » des Rajavi, voici 3 exemples parmi des centaines d’autres qui démontrent non seulement les connexions entre l’OMPI et le CNRI mais qui prouvent aussi que le CNRI n’a que le nom d’aile politique mais est bien un rassemblement de terroristes ayant simplement appris, momentanément, à mettre un costume cravate.

Mahmoud Attaei Karizi

– Membre de l’OMPI depuis 1969. Responsable en 1979 des activités de ravitaillement des unités para-militaires de l’OMPI. En 1987, il deviendra chef d’état major de l’Armée de Libération Nationale (ALN) qui était composée de membres de l’OMPI et qui servira de force supplétive aux troupes de Saddam Hussein lors de la guerre contre l’Iran. Il est recherché par Interpol pour assassinat.  Il est responsable du Comité d’études de stratégie et de défense du CNRI

Fereshteh Yeganeh

– Militante de la première heure de l’OMPI. En 1982, elle devient membre de l’état major des opérations terroristes en milieu urbain, responsable de nombreux attentats en Iran. Elle fut par après responsable de la logistique des camps d’entrainement de l’OMPI en Irak et devint en 1988, membre du Comité exécutif de l’OMPI et finira par diriger le camp d’Ashraf en Irak qui était le principal camp de l’OMPI. Elle finira par être le commandant en second de l’ALN et porte, à ce titre, une responsabilité dans le massacre des Kurdes qui se rebellèrent contre Saddam en 1991. Elle est d’ailleurs recherchée par Interpol. Cette démocrate dans l’âme est membre du CNRI depuis 1992 et en a été la responsable du Comité pour la recherche et l’éducation.

Mahmoud Azedanlou

– A débuté ses activités au sein de l’OMPI bien avant la Révolution iranienne. Après le ratage d’un coup d’état contre Khomeiny, il est un des plus ardents défenseurs de la lutte armée. Il devient en 1985, membre du Comité central de l’OMPI et parviendra finalement jusqu’à la direction du Mouvement. Il aura aussi des responsabilités au sein de l’ALN et, à ce titre, est recherché par Interpol pour des assassinats. Il fut chargé au sein du CNRI du Comité pour les questions économiques.

En manifestation

Dans le fond, les « frères siamois » terroristes ne cachent pas vraiment leur proximité. Ainsi sur ces photos exclusives d’une manifestation qui se déroula à Bruxelles en novembre 2005 et où l’on voit distinctement les drapeaux du CNRI et de l’OMPI côte à côte. On remarquera qu’il n’y a aucun autre drapeau d’organisation iranienne d’opposition.

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A gauche, le drapeau de l’OMPI A droite, le drapeau du CNRI, son alter ego

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Même avec des lettres inversées, la filiation est claire: PMOI en anglais = OMPI

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Omniprésent dans cette manifestation du « CNRI », le drapeau des Moudjahidins…

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…trônant à côté de celui de son faux-nez du CNRI

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Massoud et Maryan Radjavi, les demi-dieux de l’OMPI le sont aussi pour le CNRI. A noter à gauche la photo de 2 femmes armées (curieux pour une branche « politique »)

Pour les spécialistes du terrorisme aussi…

…il n’y a aucun doute quant au fait que l’OMPI et le CNRI sont une seule et même organisation. Ainsi dans le rapport annuel publié par le Département d’Etat américain sur le terrorisme ; le CNRI est considéré simplement comme un autre nom pour les Moudjahidins du Peuple

Mujahedin-eKhalq Organization (MEK) a.k.a. MKO ; Mujahedin-e Khalq ; Muslim Iranian Students’ Society ; National Council of Resistance ; National Council of Resistance (NCR) ; Organization of the People’s Holy Warriors of Iran ; The National Liberation Army of Iran (NLA) ; The People’s Mujahedin Organization of Iran (PMOI) ; National Council of Resistance of Iran (NCRI) ; Sazeman-e Mujahedin-e Khalq-e Iran (tiré du Country Reports on Terrorism du Département d’Etat US)

Conclusion

L’OMPI/CNRI ont les mêmes dirigeants, les mêmes cadres, la même structuration, les mêmes pratiques sectaires et violentes. L’uniforme et le voile islamique, les insignes de type paramilitaires, tout cela montre que l’OMPI est le CNRI et que, quelque soit le nom utilisé, il s’agit bien d’ une seule organisation terroriste et sectaire : celle des Moudjahidins du Peuple.

Le tout est que l’Union Européenne ne tombe pas dans le piège de ces siamois de la terreur et continuent à les considérer comme un seul et unique groupe criminel.

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PKK : les suites des bombardements turcs

Posted by geostratos sur 18 février 2008

Selon plusieurs sources, le bombardement par l’aviation turque des camps du groupe terroriste kurde PKK en Irak a provoqué le départ des terroristes vers l’Arménie.

Les régions azéries de Fizouli et de Latchine ont été choisies comme centre pour les terroristes.

Cette information serait confirmée aussi par des souces proches des services de renseignement israélien, très impliqués actuellement dans le Kurdistan.

En effet, ce sont des conseillers militaires israéliens, officiellement revenus à la vie civile, qui encadrent certaines unités des autorités kurdes d’Irak mais également des guérilleros.

Théoriquement, il s’agirait de terroristes appartenant à un groupe luttant dans le Kurdistan iranien, le PAJEK. Mais il est certain que des membres du PKK en ont également profité.

On se retrouve une nouvelle fois dans une situation tragiquement ubuesque où les services secrets israéliens se retrouvent à soutenir un groupe terroriste contre un de leurs plus proches alliés dans la région.

Comprenne qui pourra !

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Imad Moughnieh, un assassinat à haut risque !

Posted by geostratos sur 16 février 2008

L’assassinat d’un des chefs militaires (ou politique même peut être) les plus connus du Herzbollah, Imad Moughnieh, est un événement dont les conséquences pourraient être très importantes pour la région. Au point que l’on peut se demander si les auteurs de cet assassinat ne l’ont pas fait pour bien d’autres raisons que d’éliminer un adversaire redoutable.

Le timing de son assassinat donne l’impression que les auteurs, sachant que les enterrements sont très rapides dans la région, espéraient ce qu’il s’est en fait passé : que les foules pro-Herzbollah soient présentes à Beyrouth, le jour même de la manifestation des pro-occidentaux en mémoire de l’ancien premier ministre assassiné Rafik Hariri.

Heureusement, il ne s’est rien passé de grave mais on a vraiment l’impression que certains auraient peut être bien eu le secret espoir que cette journée soit celle du début d’une nouvelle guerre civile au Liban.

Sur un autre plan, la localisation et l’assassinat de Moughnieh dans un quartier résidentiel hyper-sécurisé de Damas, abritant notamment un QG des services secrets syriens, pose des questions quant au degré d’infiltration des services syriens par le Mossad.

L’arrestation de Palestiniens installés en Syrie serait une autre explication. En effet, il est connu que cette communauté comprend un grand nombre d’informateurs à la solde des Israéliens. Moughnieh, ayant débuté sa carrière militante, au sein d’organisations palestiniennes aurait pu être repéré par ses connaissances palestiniennes.

Il est aussi possible que l’opération ait été menée par un autre service occidental que le Mossad, ceci pour donner un coup de semonce au régime de Bachar Al-Assad, accusé de parrainer les attentats qui ensanglantent le Liban.

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Des terroristes ? Mais où ça ?

Posted by geostratos sur 11 février 2008

Les décisions de justice ne doivent pas être commentées, dit-on. Mais analysées, pourquoi pas ?

Celle qui vient à Anvers de blanchir les membres du groupe d’extrême-gauche turc DHKP-C peut et même doit être absolument analysée.

D’abord pour le message envoyé aux terroristes du monde entier : « venez en Belgique, faites des communiqués en soutien à des attentats qui se déroulent dans votre pays d’origine, fabriquez des faux papiers, transportez des armes ; il ne vous arrivera rien…ou si peu ».

Ensuite pour la question inévitable que l’on doit se poser sur la compétence de tous les enquêteurs et de tous les juges précédents qui se seraient donc lourdement trompés sur ces gentils démocrates que sont les militants du DHKP-C.

Et enfin pour l’absurdité d’une situation où des membres d’une organisation qui use et revendique la violence dans son pays, qui a revendiqué de nombreux assassinats, qui est sur la liste des organisations terroristes des USA et de l’Union européenne et qui, pour certains, circulaient en Belgique armés et avec des faux papiers, ne seraient donc pas des terroristes.

En tout cas, après le départ du ministère de la justice de la socialiste Laurette Onkelinkx, habituellement très sensible aux pressions du gouvernement turc ; ce jugement risque de tendre encore un peu plus, nos relations avec la Turquie qui vient d’ailleurs d’échanger des « amabilités » avec Karel de Gucht, le Ministre des affaires étrangères.

Ci-dessus, quelques images des pacifiques démocrates du DHKP-C et de leurs outils de discussion politique.

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