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Les terroristes belges (1)

Posted by geostratos sur 9 juin 2008

L’arrestation de 4 activistes d’extrême-gauche a remis en lumière ce que d’aucuns semblaient avoir voulu oublier : l’existence en Belgique d’une mouvance « intérieure » favorable au terrorisme.

Nous pensons donc utile de rappeler qui sont ces groupes de la gauche la plus extrême et leur histoire.

Nous publierons cet état des lieux en 3 parties

1. L’époque du soutien

Dans les années 70 et 80, les plus grands pays européens connaissaient une vague de terrorisme : l’Italie avec les Brigades Rouges, l’Allemagne avec la Fraction Armée Rouge et la France avec Action Directe. La Belgique est plutôt épargnée. Connaissait-elle une extrême-gauche moins organisée ou plus pacifique ? Pas du tout.

Mais la Belgique servait à l’époque de base arrière à tous les groupements terroristes européens qui, en contrepartie, évitaient de mener des actions violentes dans le pays (dans une  sorte d’arrangement malsain avec certains services de sécurité belges).

Il y avait une véritable filière pour cacher, transporter et éventuellement exfiltrer des terroristes. Cette filière fut mise à jour au moment  de l’affaire Besse (truand français évadé du palais de justice de Bruxelles) et qui aurait profité de cette filière composée de militants d’extrême-gauche. Déjà, cette collusion truands/terroristes encore présente dans la récente affaire des ex-CCC puisque deux des personnes mises en cause appartiennent au milieu du grand banditisme.

A l’époque aussi, comme aujourd’hui, les supporters du terrorisme déguisaient leur apologie de la violence politique derrière le soutien aux détenus. C’est ainsi que s’est crée en juin 1976 le Comité de Soutien aux Prisonniers de la Fraction Armée Rouge animé par un certain Pierre Carette…Ce comité sera particulièrement soutenu par une agence de presse alternative : « Agence de Presse Libération ».

Le Comité et Carette seront rapidement soupçonnés de fournir des cartes d’identité belges volées à leurs amis allemands. Mais on laissa faire pour les raisons évoquées plus haut.

Pour le reste, Carette et ses camarades se feront remarqués par des actions symboliques telles que l’occupation de l’ambassade des Pays Bas en mars 78 ou le déploiement d’un énorme calicot à la Bourse mais aussi lors d’une messe animée par le Cardinal Suenens.

Mais en juillet 1979, les services de sécurité se mettent à craindre que Carette et ses amis aient décidé de passer à quelque chose de plus concret car un attentat à la bombe a lieu à Casteau (près de Mons) et vise, sans succès, le commandant en chef de l’OTAN, le général américain Alexander Haig. On n’identifiera jamais les auteurs mais certains membres de l’entourage de Carette seront fortement soupçonnés.

D’autres groupes « autonomes » existent à cette époque et ne cachent pas non plus leur sympathie envers les groupes terroristes, n’hésitent pas à provoquer de violentes confrontations avec la police. Certaines manifestations sympathisantes de la Fraction Armée Rouge iront jusqu’à rassembler 2000 personnes dont une grande partie y venait par recherche de la confrontation avec la police.

Pour en revenir à Carette, entre 1979 et 1981, il va tomber sous l’influence de la mouvance française d’Action Directe et de son théoricien Frédéric Oriach qu’il rencontrera à plusieurs reprises sans cesser, par ailleurs, de rendre des services à un groupe ou l’autre…Ce qui lui vaudra, une expulsion de Suisse pour transport de munitions.

En 1981, Carette ouvre une imprimerie à Saint Gilles qu’il nomme « les Ateliers Graphiques », c’est là qu’il fera la connaissance de Bertrand Sassoye, son futur complice des CCC. Il lance en 1982, une revue intitulée tout simplement « Subversion ». C’est à cette époque qu’il commencera une collaboration pratique avec Action Directe en France

En 1983, Carette qui a sans doute déjà pris la décision de se lancer dans la lutte armée, lance un collectif intitulé « Ligne Rouge » ayant pour but de « populariser » les communiqués des organisations terroristes de toute l’Europe. Ils purent même profiter à une époque, d’une émission radio sur « Radio Air Libre ». Emission intitulée « Infraroufge » et qui était une véritable apologie du terrorisme.

Très rapidement, on retrouvera à Ligne Rouge, tous ceux qui seront le noyau de base des futures Cellules Communistes Combattantes. Ligne Rouge fut sans nul doute  la dernière étape de la préparation du passage à la lutte armée. Le Collectif sera en effet lancé en septembre 83 et Carette rentrera dans la clandestinité en juin 84. La première bombe des CCC explosera le 2 octobre 84.

(à suivre…)

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