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Les terroristes belges (2)

Posted by geostratos sur 10 juin 2008

L’arrestation de 4 activistes d’extrême-gauche a remis en lumière ce que d’aucuns semblaient avoir voulu oublier : l’existence en Belgique d’une mouvance « intérieure » favorable au terrorisme.

Nous pensons donc utile de rappeler qui sont ces groupes de la gauche la plus extrême et leur histoire.

Nous publierons cet état des lieux en 3 parties

2. Les zones d’ombre des années de plomb

Après avoir été les coursiers et les complices des grands frères européens d’Action Directe et de la Fraction Armée Rouge, nos « Baader » belges vont se mettre à préparer activement leur propre passage à la lutte armée.

Le groupe français Action Directe (AD) jouera un rôle important dans cette préparation. Ce qui explique qu’on trouvera les empreintes de Pierre Carette dans plusieurs caches d’AD.

Mais l’inverse fut aussi très souvent le cas et on trouvera plus tard de nombreuses empreintes des chefs d’AD dans certaines caches belges des CCC.

Nous n’allons pas ici refaire un historique des attentats perpétrés par les CCC (ce qui a été largement fait ces temps-ci) mais bien nous intéresser aux événements moins connus et à des côtés plus obscurs de cette aventure terroriste à la belge.

Les actes dont on parle moins

Une rumeur qui circulait dans le monde du renseignement dans les années 83 et 84 était que des militants d’extrême-gauche avaient participé à plusieurs hold-up dont certains avaient été sanglants. Les CCC, dans un de leurs textes et après leur libération, ont confirmé cet état de fait. Ils dénommaient d’ailleurs ces braquages, des «expropriations prolétariennes». Fort étonnamment, la justice semble ne pas avoir vraiment cherché quels braquages leur étaient imputables.

En mai 84, les futures CCC sans doute appuyées par des Allemands et des Français attaquent la caserne du 3è Chasseurs Ardennais à Vielsalm pour y voler des armes. Surpris par l’officier de garde, ils l’abattent mais heureusement, il survivra. A noter que Bertrand Sassoye, futur CCC, avait fait un début de service militaire à cette caserne avant d’en déserter.

En Juin 84, à nouveau en commando mixte franxo-belgo-allemand, les CCC volent 800 kg d’explosif à dans une carrière à Ecaussines. Ces explosifs serviront longtemps et dans  de nombreux attentats des 3 groupes terroristes (CCC, AD et RAF).

La photo de l’avis de recherche de Pierre Carette

Une scission ?

En Avril 85, un attentat est revendiqué par un nouveau groupe intitulé « FRAP, Front Révolutionnaire d’Action Prolétarien ». Il deviendra le spécialiste des bombes contenues dans des casseroles à pression. On polémiqua longtemps sur l’origine du groupe : imitateurs ou membres des CCC qui avaient fait scission ? On sait aujourd’hui qu’il s’agissait sans doute d’une scission d’éléments plus anarchistes que marxistes et qui auraient été encouragé à le faire par Action Directe (fort déçu de ne pas avoir le leadership sur les CCC).

Les gens qui seront arrêtés dans le cadre de ces attentats particuliers appartenaient en tous les cas clairement aux milieux anarchistes et spécialement à la mouvance réunie autour de « Radio Air Libre » dont certains fondateurs étaient des anciens du…Comité de Soutien aux Prisonniers de la Fraction Armée Rouge (voir la partie « 1. Le temps du soutien »).

Ce sera suite à un attentat manqué du FRAP que la police obtiendra les premiers éléments matériels probants dans le cadre de leur enquête contre le terrorisme belge.

La nébuleuse autour des CCC

Le moins que l’on puisse dire est que de nombreux personnages liés à des affaires assez curieuses ont émergé à l’époque des attentas CCC. Prenons ainsi, ce vieux militant espagnol anti-franquiste et communiste fanatique (un de ses fils était prénommé Stalin et une de ses filles Katiouchka !) et dont plusieurs membres de la famille étaient membres du collectif de soutien aux CCC, Ligne Rouge. Le papa et plusieurs de ces enfants et leurs compagnes/compagnons seront arrêtés lors d’une très nébuleuse affaire de pistolet mitrailleur qu’un de ses amis, espagnol également, lui avait demandé d’enterrer !!! Cet ami tenait un café à St Gilles, connu pour avoir une clientèle d’extrême-gauche et que Carette aurait également fréquenté. Après plusieurs mois de détention, tout ce petit monde sera libéré et on n’entendra plus trop parlé de cette affaire. Certains prétendent que le père de famille espagnol en question, aurait été lors de la lutte contre le franquisme, membre d’un groupe violent intitulé FRAP…

Il y aussi le cas emblématique de Maurice A., ancien militant gauchiste condamné dans l’affaire du réseau de fuite d’un truand français (voir la partie « 1. L’époque du soutien »). Disparu de la circulation, il reprendra du service dès l’apparition des CCC et rejoindra rapidement Ligne Rouge où son aura d’ancien lui permit de rapidement gagner la confiance des plus jeunes. Mais selon de nombreuses sources provenant de ce milieu et du monde journalistique, il semblerait qu’il était entretemps devenu IRC (Informateur Rémunéré Confidentiel) de la Sureté de l’Etat. Il semblerait que c’est lui qui aurait joué un rôle déterminant dans l’arrestation de Carette.

Il y a aussi le cas de Didier S., également un vieux de la vieille, ancien trotskiste passé à la mouvance « autonome » et violente. Il se réactivera après la création des CCC et sera très actif au sein de Ligne Rouge. Lui aussi possède une tenace réputation d’indicateur de police dans les milieux de gauche.

Il y a aussi Pierre V., militant de Ligne Rouge arrêté plusieurs mois  après Carette & Co avec une arme à feu et une balle engagée dans le canon. On a dit à l’époque qu’il allait passer dans la clandestinité et réactiver une cellule terroriste. La justice sera en tous les cas trop clémente pour que l’on ait vraiment été dans ce cas de figure. Par contre, cette arrestation sera le prétexte de nombreuses perquisitions et interpellations dans ce qui restait de Ligne Rouge à l’époque.

Le collectif en question était d’ailleurs devenu à ce point infiltré que les prisonniers des CCC demandèrent eux-même et finiront par obtenir l’autodissolution de Ligne Rouge.

Dernière zone d’ombre de cette époque, la théorie officielle comme quoi, les CCC se limitaient aux quatre personnes interpellées. Alors que plusieurs appartements conspiratifs contenant des armes seront découverts des années plus tard alors que le loyer avait longtemps continué à être payé. Par qui donc… ?

On pense bien sur à un certain Marc D., vieux partenaire de Carette et qui, à l’époque des attentats, était signalé recherché au Bulletin Central de Signalement (BCS) de la gendarmerie pour atteinte à la sécurité de l’état et dont la photo ornait les avis de recherche internes de la gendarmerie aux côtés de Carette, Sassoye, etc…

Alors y a-t-il eu à l’époque une sorte de « gentleman agreement » entre l’Etat et les cellules encore opérationnelles ? Nul ne le sait mais à notre connaissance, Marc D. et d’autres ne seront jamais inquiétés…

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