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Terrorisme : le PKK

pkk01-2.jpg  Histoire de l’Organisation terroriste kurde (PKK)

Organisation de guérilla indépendantiste de tendance marxiste-léniniste, créée en 1974, à Ankara et implantée au Kurdistan dès 1979. Il a pour objectif la création d’un état kurde indépendant aux confins de la Turquie, de l’Irak et de la Syrie.

Son organisation politique, le Front de Libération Nationale du Kurdistan (ERNK), dispose de bureaux à Athènes, Vienne, Rome et Copenhague. La lutte armée est assurée par sa branche militaire : l’Armée Populaire de Libération du Kurdistan. Les estimations concernant ses effectifs varient entre 3 400 et 11 000 guérilleros. Depuis 1984, la lutte le PKK et le gouvernement turc aurait causé quelque 30 000 morts civils et militaires. Groupe révolutionnaire marxiste-léniniste. le PKK est passé du stade des actions révolutionnaire en milieu rural à celui des activités terroristes en milieu urbain. Il a longtemps tenté de créer un état marxiste indépendant dans le sud-est de la Turquie à population en majorité kurde.

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Les principaux objectifs de ses attaques furent les forces gouvernementales et les civils turcs de l’est de la Turquie, dans une sorte de pré-nettoyage ethnique. Mais le groupe devient de plus en plus actif contre les cibles turques en Europe de l’Ouest. Il a lancé des attaques contre des missions diplomatiques et des entreprises commerciales turques dans des douzaines de villes d’Europe de l’Ouest à partir de 1993. Pour essayer de nuire à l’industrie touristique turque, le PKK a exécuté des attentats à la bombe contre des sites et des hôtels touristiques et enlevé des touristes étrangers. Le 27 novembre 1978, Abdullah Öçalan, étudiant en sciences politique de l’Université d’Ankara et membre de l’Organisation de la Jeunesse Révolutionnaire (Devrimci Genc ou Dev Genc), fonde officiellement le PKK, qui tient son premier congrès à Fis, en 1979. Tout d’abord implanté au Kurdistan turc, le commandement du PKK s’expatrie vers la Syrie, le 12 septembre 1980, dès la prise de pouvoir du général Kenan Evren, et Öçalan s’établit à Damas. Une faction du PKK s’installe dans la plaine de la Beka’a, au Liban. Avec l’aide de la Syrie, il commence ses opérations contre la Turquie. En 1984, Öçalan crée une branche militaire, les Unités de Libération du Kurdistan (Hazen Rizgariya Kurdistan – HRK), qui mènent leurs actions depuis la Syrie. Mais ces opérations sont mal préparées et manquent de soutien populaire. Et, au 3e Congrès du PKK, en octobre 1986 à Damas, est créée l’Armée de Libération Populaire du Kurdistan (Arteshen Rizgariya Gelli Kurdistan – ARGK) tandis que l’ERNK devient l’organisation politique du mouvement. C’est à partir de ce moment que les opérations militaires contre la Turquie prennent de l’ampleur et deviennent plus meurtrières. Au moment même ou l’ERNK commence réellement à s’implanter en Europe dès 1989.

pkk03.jpg Organisation opérationnelle du PKK

Depuis 1984, les affrontements avec le gouvernement turc ont causé des milliers de morts. La criminalisation progressive du PKK, ainsi que ses méthodes brutales envers les populations dont il contraint le soutien, l’ont rendu relativement impopulaire en Turquie. A la fin des années 80, le PKK entreprend de contrôler et de discipliner la diaspora en Europe. Cette  » prise en main  » cause une vingtaine de morts entre 1985 et 1987. Qualifié d’organisation terroriste, le PKK est interdit depuis 1993 dans certains pays d’Europe, comme l’Allemagne et la France.

En mars 1993, le PKK signe un protocole d’accord avec le Parti Révolutionnaire Hezbollah Kurde afin d’unifier leurs forces contre le gouvernement turc. Un certain nombre d’action est mené contre des touristes étrangers.

Dès 1993 cependant, Öçalan tente de privilégier l’option politique dans sa lutte. Un cessez-le-feu unilatéral est prononcé le 23 mars. Ces efforts sont poursuivis de manière plus appuyée tout au long de 1994. Öçalan recherche l’appui d’un certain nombre de dirigeants politiques occidentaux et publie une déclaration d’intention pour s’engager à respecter les Conventions de Genève et ses protocoles additionnels. En outre, sa position concernant l’indépendance du Kurdistan s’assouplit en direction d’une autonomie au sein d’un système fédéral, tandis que sa couleur marxiste-léniniste et maoïste s’estompe progressivement vers un système social-démocrate.

Au 5e Congrès du PKK, tenu du 8 au 25 janvier 1995, l’organisation subit une restructuration, tandis que le marteau et la faucille sont retirés des emblèmes. Le principe du socialisme soviétique, qui avait servi de référence jusque là, est désormais rejeté parce que ne répondant plus à la situation actuelle. Le socialisme soviétique est même dénoncé comme  » la plus primitive et plus violente période du socialisme « . Le congrès décide que les voies politique et diplomatique seront poursuivies parallèlement à la voie militaire pour parvenir à une résolution du conflit.

En mai 1997, l’armée turque lance une importante opération au Nord de l’Irak qui porte un coup sévère aux forces du PKK. En mars 1998, Sadim Sakik, le commandant en second du PKK est capturé par des commandos turcs au Nord de l’Irak.

Le 20 octobre 1998, un accord de coopération entre la Syrie et la Turquie précise et complète les accords précédents, en définissant le PKK comme un mouvement terroriste et en interdisant l’usage du territoire syrien pour toute activité, qu’elle soit logistique, opérationnelle ou de simple passage. Cet accord conduit à l’expulsion d’Abdullah Öçalan, qui commence un périple afin d’obtenir l’asile politique, qui conduira à sa capture, le 15 février 1999 à Nairobi.

pkk04.jpg  Ressources

On évalue le budget annuel du PKK à 86 millions de dollars. Ses sources de financement sont les campagnes de collecte de fonds organisées périodiquement en Europe, les cotisations diverses, la vente de publications, les activités commerciales légales, les attaques à main armée, l’extorsion (impôt révolutionnaire) auprès de commerçants et industriels, le racket, la contrebande de main-d’œuvre, les trafics divers.

En Europe occidentale, l’ERNK, est chargé du prélèvement de l’impôt révolutionnaire, et assure certaines activités de renseignement et des opérations spéciales (contre des organisations kurdes rivales). En Grande-Bretagne seulement, on estime le résultat du racket de la communauté kurde à environ 4 millions de dollars par an.

Le PKK contrôle environ un tiers de la production illégale d’héroïne en Turquie et son commerce en Europe devrait couvrir son budget pour 31 millions de dollars.

Les relations entre le PKK et le trafic d’héroïne passe à travers la « mafia » kurde et ses clans présents dans toute l’Europe. Ces clans sont basés sur la structure familiale et ont des liens étroits avec le PKK, malgré les dénégations d’Abdullah Öçalan. Parmi les clans impliqués, mentionnons les clans Aksoy, Aydin-Metin, Baybasin, Cantürk, Demir, Guven, Kaya, Kitay, Konuklu-Ay, Koylan, Ozdemir, Polat, Sakik, Senar, Ugur, Yildrim.

Collaborations

En août 1988, le PKK a signé un accord de coopération avec le Devrimci Sol, dont les combattants ont été formés dans le camp du PKK à Al-Heloué de 1991 à 1992. Il collaborait également avec l’Irak, qui lui offrit son soutien pour combattre la Turquie et les autres mouvements kurdes. Durant Desert Storm, le PKK a fourni des informations à l’Irak sur les forces US en Turquie. Le PKK a également établi une collaboration intensive avec l’Armée Secrète Arménienne pour la Libération de l’Arménie (ASALA).

pkk05.jpg  Structure

Le PKK est dirigé par Abdullah Öçalan, président du mouvement (jusqu’en 1994 : secrétaire-général). Il est entouré d’un Conseil Présidentiel composé de six personnes, chacune à la tête d’un bureau.

Opérations

L’ARGK compterait entre 7 000 et 10 000 combattants, actifs en Anatolie et avec des bases partout dans la région.

Les actions du PKK en Turquie étaient généralement des raids conduits à partir de bases provisoires établies dans les montagnes, dirigées contre des postes militaires ou des objectifs d’importance économique.

Avec le développement des capacités héliportées de l’armée turque, le PKK a dû modifier ses tactiques et se concentrer sur des opérations de petite envergure, impliquant de petits groupes de combattant, et s’engager de plus en plus dans des actions de guérilla urbaine.

Outre les opérations militaires en Turquie, une des forces du PKK est sa capacité de mobilisation au sein de la diaspora kurde dans le monde. Le 24 juin 1993, et, plus récemment, le 17 février 1999, après l’arrestation d’Öçalan, le PKK a pu mobiliser simultanément et à court terme, ses membres et sympathisants à travers toute l’Europe pour des manifestations et émeutes de protestation. C’est à la fois cette capacité de mobilisation, mais également le principe du PKK d’exporter la lutte en Europe qui a motivé la décision allemande du 26 novembre 1993 d’interdire le mouvement.

Selon des experts régionaux crédibles, le bras armé du PKK, l »Armée Populaire de Libération du Kurdistan » (ARGK, qui a été, depuis l’arrestation d’Abdullah Öcalan, rebaptisée « Groupe de Défense Populaire » ou HPG ; à noter la disparition de la référence au « Kurdistan ») comptait à la fin de 1993 de 7 à 10 000 guérilleros, inégalement armés, répartis entre le sud-est anatolien et diverses bases de la région. A l’origine (1980-84) la branche armée du PKK se réduisait à ± 500 hommes dotés d’un armement léger – et hétéroclite. Mais depuis, l’ARGK s’est considérablement renforcée.

Partis des bases extérieures de l’ARGK, des commandos de quelques dizaines de guérilleros s’infiltrent, parfois de plus de 300 kilomètres, dans les zones isolées du sud-est anatolien. Installée dans un secteur montagneux d’accès difficile, l’unité de guérilla approche les paysans des villages proches et – de gré ou de force – s’assure leur appui. Partant de leurs bases, les guérilleros attaquent des patrouilles, des objectifs économiques, etc. L’instabilité instaurée, la situation se radicalise et le PKK exploite les réactions des militaires ou des policiers de la région :

Psychologiquement, en tentant de faire basculer les populations montagnardes, prises entre l’arbre et l’écorce, dans le camp de la guérilla.
Pour sa propagande extérieure en présentant, notamment en Europe occidentale, tous les dommages de guerre subis par les populations civiles – y compris et surtout les exactions de la guérilla elle-même – comme des atteintes aux droits de l’homme perpétrées par les militaires, policiers et gendarmes turcs.

drapeau.gif   L’avenir

En avril 2002, le PKK s’est auto-dissout et a été remplacé par le KADEK (Congrès pour la Démocratie et la liberté au Kurdistan) « pour poursuivre la lutte pour la libération des Kurdes ». Le KADEK était toujours considéré par Ankara comme un groupe terroriste. Et il s’est à son tour sabordé. La raison ? « Le KADEK s’est dissout pour laisser place à une nouvelle structure organisationnelle plus démocratique qui permettra une plus grande participation, représentative des intérêts du peuple kurde », indique le texte signé du conseil général exécutif. En fait, des nostalgiques du modèle de parti léniniste semblent avoir tout fait pour empêcher le renouvellement du parti.

Le nouveau parti se dénomme Congrès du peuple du Kurdistan (KONGRA-GEL). Le nouveau président du Kongra-gel est Zübeyir Aydar, un avocat kurde qui vit en exil en Suisse après avoir été député à Istanbul entre 1991 et 1994. Le KONGRA-GEL renonce, officiellement, au séparatisme et se met même à parler de solution négociée et de non violence. Sans pour autant dissoudre ses groupes armés.

Les USA ont d’ailleurs refusé de retirer la nouvelle organisation de sa liste des groupes terroristes. Pour le département d’Etat, toute organisation issue de prêt ou de loin du PKK continuera à être considéré comme terroriste. Et ceci malgré le fait que fin 2003, le frère d’Öcalan avait proposé ses services à l’armée US afin de les aider à contrôler les frontières entre l’Irak et l’Iran. Il faut savoir que 4000 combattants kurdes se trouvent toujours dans les montagnes séparant l’Irak de l’Iran. Et que face à la toute puissance américaine, nombreux sont ceux qui ne voient d’autres chances de survie que dans une collaboration avec les USA.

Ils devraient se souvenir que Saddam Hussein, le Shah d’Iran en passant par Somoza ou le général Noriega et tant d’autres ont tous comme point commun, outre d’avoir fini tragiquement, d’avoir été à un certain moment des amis des Américains…

Quelques exemples des actions terroristes du PKK de 1989 à 1998

24/11/1989 HAKKARI/Yüksekova : Massacre de 24 civils dans une attaque du PKK dans le village de Ikiyaka.

25/12/1991 ISTANBUL : 11 civils tués et 18 blessés dans une explosion de bombe au magasin Çetinkaya à Bakirköy.

10/06/1992 BITLIS : 11 civils tués dans l’attaque d’un véhicule de transport dans le hameau de Sütlü.

01/10/1992 BITLIS : 40 civils massacres et 40 autres blesses dans un assaut du PKK dans le village de Cevizdali.

20/10/1992 BINGÖL : 19 civils tués et 19 blessés dans l’attaque d’un minibus dans le hameau de Aksakalli près du village de Hazarþah, Solhan.

05/07/1993 ERZINCAN : 32 civils tués dans un attentat sur Kemaliye – village de Basbaglar.

18/07/1993 VAN : assassinat de 26 nomades dans un attentat sur le plateau de Bahçesaray-Sündüz.

04/10/1993 MARDIN : 26 civils tués et 4 mutilés provoqués par des mines sur la route de Midyat-Kayapinar.

04/10/1993 SIIRT : 37 tués et 10 blessés dans un attentat sur Daltepe et Kalanak, villages de Silvan.

21/10/1993 SIIRT : 24 civils tués et 7 blessés dans un attentat du PKK à Derince, hameau de Baykan-village de Günbulak.

25/10/1993 ERZURUM : 31 civils massacrés et 16 blessés dans un attentat dans le village de Çat-Yavi.

02/02/1994 ISTANBUL : 5 étudiants d’une école militaire tués et 13 étudiants blessés à la suite d’une explosion de bombe à la gare de Tuzla.

24/07/1995 VAN : 12 civils massacrés dans un attentat dans le village de Gürpinar-Atabinen.

01/01/1995 DIYARBAKIR : 19 civils massacrés dans un attentat du PKK dans le village de Kulp-Hamzali.

06/04/1995 HATAY : 8 civils tués par les terroristes du PKK dans le village de Dörtyol-Ahmetçedüzü.

07/09/1995 HATAY : 9 civils tués dans un attentat du PKK dans le village de Samandag-Seldiren.

22/06/1996 DIYARBAKIR : 7 civils tués et 11 civils blessés à la suite d’un attentat du PKK dans un établissement touristique à Altindag.

12/08/1996 SIVAS : 8 civils tués dans un attentat du PKK à la gare de Kangal-Demiriz.

30/09/1996 DIYARBAKIR : 4 enseignants tués dans un attentat dans le village de Hantepe.

08/11/1996 HAKKARI : 16 personnes tuées et 12 blessées à la suite d’un attentat du PKK dans un bus reliant le village Çukurca-Çigli à Köprülü.

19/10/1997 HAKKARI : un civil tué et 15 civils mutilés dans une attaque armée du PKK contre un véhicule de transport.

11/12/1997 MARDIN : 10 civils tués et 4 mutilés lorsqu’un minibus a heurté une mine à Dargeçit.

24/04/1998 AGRI : 4 personnes tuées et 6 blessées dans un attentat du PKK dans une cafétéria à Diyadin.

03/06/1998 ISTANBUL : un civil tué et 3 personnes blessées dans un attentat du PKK dans un train de banlieue.

10/07/1998 ISTANBUL : 7 personnes tuées et 118 mutilées suite à l’explosion d’une bombe placée au célèbre Marché aux Epices (Misir Çarsisi).

14/07/1998 SIVAS : 4 personnes tuées et 4 autres blessées dans un attentat du PKK dans Ie village de Çayözü.

 

Victimes civiles des actions terroristes du PKK en Turquie (15.08.1984 – 13.11.1998)

CIVILS MORTS BLESSÉS
HOMMES 3579 4028
FEMMES 528 787
ENFANTS 523 634
TOTAL 4630 5449

Fonctionnaires tués par le PKK en Turquie (01.01.1984 – 13.11.1998)

MORTS BLESSÉS
PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE 2
JUGE 1
GOUVERNEUR DE DISTRICT 1 2
ENSEIGNANT 111 32
IMAM 32 7
MUFTI 1 1
CONFERENCIER 1
INGENIEUR 9
INFIRMIERE 1
MAIRE 7 3
GARDIEN 4
MUHTAR (chef élu Iocalement) 105 11
MEDECIN 6
OFFICIER DU GOUVERNEMENT 59 43
TOTAL 340 103

En Europe aussi

En 1984, la reprise en force de la lutte armée au « Kurdistan » turc a été accompagnée d’une importante offensive du PKK en Europe. Dès 1983 avait été créée en France une « Association des Ouvriers Patriotes du Kurdistan » très proche du PKK, implantée notamment à Strasbourg. Mais, comme tous les mouvements marxistes-léninistes, ce parti est déchiré par des querelles idéologiques souvent fratricides, surtout dans l’émigration. La direction du PKK s’est donc lancée, en 1984, dans une entreprise de reprise en main à base d’intimidation et d’élimination physique des « collabos » de la Turquie et de ses propres transfuges. Dès 1984, de ce fait, 18 militants PKK ont été expulsés d’une Suède pourtant fort généreuse en matière d’asile politique. Les autorités suédoises, pourtant tolérantes à l’extrême envers tout ce qui provient peu ou prou du tiers monde et se proclame « Mouvement de Libération », a qualifié, dès 1984, le PKK de « groupe terroriste » et interdit A. Öcalan de séjour. Cette attitude de Stockholm aurait peut-être un rapport avec le meurtre du Premier ministre suédois Olaf Palme, puisque les enquêteurs ont à plusieurs reprises évoqués la « piste du PKK ».

Assassinats, incendie de locaux ont fait, entre la Suède, la Suisse, la RFA, le Danemark… et la France, une vingtaine de morts entre 1985 et 87.

A Paris, Mustafa Aktas, militant du « Front de Libération National du Kurdistan », une superstructure du PKK, est assassiné en décembre 1985 par des « agents de l’Etat Turc » selon ses amis. En réalité par les pistoleros d’un groupe rival. En juin 1987, c’est au tour du président de l’ »Association des Travailleurs du Kurdistan », rivale du PKK, Hüseyin Akagündüz d’être abattu. Les deux meurtres se produisent au carrefour Strasbourg Saint-Denis, coeur du « Quartier Turc » du Sentier. En octobre 1988, toujours à Paris, les militants du PKK ont interrompu, en envahissant la scène, le concert d’un chanteur Turc -Kurde d’origine- fort connu dans son pays, et l’ont contraint à se prononcer en faveur du PKK. En février 1990, plus de cent cinquante militants du PKK se sont heurtés aux forces de l’ordre, à Paris, devant le Grand Palais, au moment où le président Mitterrand inaugure l’exposition « Soliman le magnifique » en compagnie de son homologue turc, Turgut Özal. Depuis, le PKK/KADEK manifeste à peu près tous les mois à Paris et dans diverses grandes villes de France et d’Europe. Ces actions d’agitation et de propagande se sont intensifiées depuis l’arrestation d’Abdullah Öcalan en 1999 et son incarcération en Turquie. Parfois de manière tragique puisque des militants kurdes s’immoleront par le feu et d’autres seront abattus en essayant d’entrée dans l’ambassade israélienne en Allemagne.

Rste le racket, ou « impôt révolutionnaire », auquel se livre le PKK/KADEK au sein de la communauté turco-kurde en Europe et en Turquie. Prenons l’exemple révélé par le procès en France d’Irfan Balsak, 35 ans, de nationalité turque qui fut arrêté à la suite d’une plainte d’un artisan en maçonnerie turc résidant à Evry (Essonne), qui a dit avoir été frappé parce qu’il a refusé de donner 20.000 francs pour le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Une comptabilité retrouvée durant l’enquête montrerait en outre que le prévenu a recelé au total des sommes d’un montant d’environ 10 millions de francs provenant sans doute du racket en France.

Le traitement des dissidents

Au PKK, non plus, il ne fait pas bon critiquer la ligne, quelques exemples concrets :

1) Faruk BOZKURT (Nasir) – Membre du Comité Central du PKK, combattant et commandant depuis 20 ans, successivement dans les régions de Zagros, de Garzan et d’Amed. Il a été arrêté et emprisonné parce qu’il avait dit que le système voulu par Öcalan était celui-là même contre lequel ils combattaient depuis 20 ans, qu’il n’accepterait jamais et qu’il resterait dans le parti pour faire opposition. Pendant longtemps, il fut torturé et a subi des interrogatoires. Après les observations d’Öcalan le concernant, il a été accusé d’être un espion par le Conseil Présidentiel du KADEK et a été exécuté en octobre 2002.

2) Rahman SEN – Il a été arrêté et soumis à des interrogatoires par la direction du KADEK, après qu’il ait déclaré qu’il n’y avait pas de sens à rester au PKK. Il a été décapité et son corps a été jeté dans un précipice.

3) Yücel ZEYDAN – Il a été arrêté sous prétexte qu’il était en relation avec le groupe dissident et a été exécuté en septembre 2000. Son décès a été imputé à un affrontement contre les forces d’un groupe kurde concurrent.

4) Nazime ADTÜRK – Elle a été arrêtée et soumise à des interrogatoires et à la torture sous prétexte d’avoir été en contact avec le groupe dissident. Elle a été exécutée en juillet 2000. Son décès a été imputé à un suicide.

5) Berzan DÜRRE – Il a été arrêté, soumis à la torture et à des interrogatoires sous prétexte d’avoir été en contact avec le groupe dissident et d’avoir perdu la foi dans la ligne politique du parti. Après une longue période de détention, il a été exécuté en août 2002. Selon l’organisation, il aurait été abattu alors qu’il désertait le front.

6) Mehmet Emin ÜNAY – Après avoir quitté le PKK, il est passé en Iran. Il a été arrêté et soumis à des interrogatoires. Comme il refusait de répondre, il a été discrètement exécuté en juillet 2001.

7) Iskender – Kurde de Syrie. Son vrai nom est inconnu. Commandant de bataillon et de région. Il a été proclamé espion et jugé par l’organisation, car il s’est étonné que le PKK/KADEK ait demandé la reconnaissance de l’identité des Kurdes de Turquie, sans rien demander pour les Kurdes de Syrie, et aurait réclamé une reconnaissance de l’identité des Kurdes par la Syrie. Il a été exécuté en même temps que Nasir, déchiqueté par une grenade au mois d’octobre 2002.

Selon les informations données par les dissidents du PKK/KADEK la direction du PKK garde dans ses prisons des dizaines de personnes en désaccord d’opinion.

Le trafic de drogue

Parmi les activités peu louables du PKK, le narcotrafic est des plus lucratifs. Ainsi, l’Observatoire Géopolitique des Drogues français affirme que « les saisies effectuées en Turquie, comme celles réalisées en Europe, particulièrement en Allemagne et aux Pays-Bas où vit une importante communauté kurde, confirment que la drogue contribue à financer les activités (militaires ou autres) du PKK. Ses réseaux semblent être responsables de 20 à 30% du trafic d’héroïne transitant par la Turquie. A partir de ce pays, les filières de la diaspora kurde se chargent de l’acheminement, du blanchiment et même de la vente au détail » (source : Dépêche Internationale des Drogues, n°40, février 1995).

L’Institut de Criminologie de Paris parle, pour sa part, de « narco-terrorisme » pour qualifier les activités du PKK. De son côté, l’Administration de la lutte contre la drogue (Drug Enforcement Administration-DEA), dépendant du ministère américain de la Justice, estime, dans un rapport d’enquête daté du 23 juin 1995 : qu’ »il est prouvé que le PKK est désormais parfaitement organisé pour produire, convoyer, et trafiquer les opiacés et le cannabis dans toute l’Europe. Qui plus est, preuves matérielles et sources de renseignements démontrent que le PKK se livre également au blanchiment de l’argent provenant du narcotrafic… les fonds ainsi récupérés sont ensuite rétrocédés à cette organisation terroriste » (sources : Notes et Etudes de l’Institut de Criminologie de Paris, n°30 d’octobre 1995, et n°33 d’octobre 1996).

 

Conclusion

Si on y ajoute le trafic d’armes, les enlèvements d’enfants kurdes, « formés » contre leur gré dans des camps militaires du PKK/KADEK avant d’être envoyés au « front », en Turquie ou dans le nord de l’Irak, on peut dire que le PKK est une organisation pluri-criminelle.

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4 Réponses to “Terrorisme : le PKK”

  1. PKK said

    Après un gros ‘copier coller’ vous pensez avoir fait un travail d’analyse. De plus vous osez utiliser le terme géostratégie pour ce que vous  »faites ».

    Vous pensez avoir déchiffré le PKK et le problème kurde aussi facilement. Vous avez tout à apprendre…

  2. PKK said

    Bref le fait d’avoir porter de l’intérêt en vous écrivant
    c’est déjà beaucoup pour vous. Mais bon le dialogue c’est toujours bien même avec ceux qui sont pas d’accord avec nous.
    Je vous invite à venir au Kurdistan.

  3. geostratos said

    Pour répondre à PKK : nous ne portons pas un jugement sur la légitimité du combat du peuple kurde, nous dénonçons les méthodes terroristes d’une organisation bien spécifique qui est reconnue comme terroriste par l’Union européenne.

    Et autant, votre message était d’un ton correct. Autant, les insultes et les menaces que nousavons reçu de certains sympathisants du PKK démontrent bien que la démocratie et la toélrance sont loin d’être les valeurs sures de ce mouvement.

  4. Ya des gens qui sont venus en bas de chez moi , meme pas un mois après , leur fille s’est fait embobiner par ces manipulateurs , et est allée dans un de ces camps d’entrainement armé . Qui sait , elle est peut-etre morte , on ne sait rien de ce quelle est devenue.Elle avait encore la vie devant elle ! Certes , jamais ces terroristes assasins ne gagneront jamais cette guerre , alors ils embobinent ces jeunes hommes et filles pour grossir leurs rangs . Ce n’est pas du militantisme , c’est carrément du kidnappage ! Je comprends leurs problemes aux kurdes , mes ces sales méthodes … La honte !Voila le combat kurde : enlever les gamins en europe pour les envoyer au front . Rien que pour ça , qu’ils aillent se faire fo***e ces assasins , assasins de civils …

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