G e O s t r a t O s

Geostratos, le centre francophone d’information et d’étude géopolitique contemporaine

Guerre de Gaza : analyse succinte des opérations

Introduction

En cette matinée du 27 décembre, le capitaine pilote Dov Lieberman n’avait guère la tête à philosopher sur les conséquences politiques et humanitaires de la mission qu’il était sur le point de mener. Aux commandes de son F 16 de l’armée de l’air israélienne (Heyl Ha Avir), il venait de décoller de la base de Palmahim au sud de tel Aviv. Il suivait ses « waypoints » (points de passage) préprogrammés sur son ordinateur de bord et attendait que la cible à attaquer lui soit signalée par un désignateur laser mis en oeuvre au sol, par des membres des forces spéciales.

Ahmed Dief est un des responsables des unités d’artillerie de la branche armée du Hamas, les Brigades Izz al-Din al-Qassam. Il est en fait un des planificateurs stratégiques des tirs de roquettes sur Israël. Il venait d’approuver une nouvelle liste d’attaques et faisait une courte pause à la fenêtre de son bureau, situé dans les anciens bâtiments des services de renseignements de l’autorité palestinienne. Il entendit pour la seconde fois en peu de temps, un bruit de réacteurs et se demanda ce que les israéliens préparaient. Il entendit soudain un sifflement strident juste avant que la bombe GPS GBU-39 ne frappe le bâtiment de plein fouet et que les 17 kg d’explosif surpuissant AFX-757 ne le détruisent, tuant Ahmed et 12 autres cadres du Hamas.

Avi Hadjadj sursauta suite à l’explosion du bâtiment qu’il avait illuminé avec son désignateur laser. Avi et son équipe, appartenant aux forces spéciales de l’unité de reconnaissance (Sayeret) Egoz, se remirent aussitôt à progresser discrètement : ils avaient un autre objectif à encore faire traiter aujourd’hui par les F 16.

Ce 27 décembre 2008, Tsahal vient de déclencher une opération majeure. Pour l’armée israélienne, cette opération porte le nom de code d’« opération Plomb durci », en hébreu Oferet Yetsukah ; terme issu d’une chanson pour la fête juive de Hanoucca.

Les raisons de l’opération « Plomb durci »

Elles sont diverses.

•Il y a sans nul doute la volonté israélienne de rétablir sa capacité de dissuasion et de crédibilité militaire, effectivement entamée par l’offensive de 2006 contre le Hezbollah.
•Bien évidemment, faire cesser les tirs de roquettes.
•Israël, pays sans profondeur stratégique et disposant d’un très faible réservoir humain, devait prouver sa volonté de ne pas accepter qu’on s’en prenne à ses faiblesses structurelles, historiques, ce que faisaient symboliquement les tirs de roquettes en provenance de Gaza.
•Réduire « significativement » l’influence du Hamas par la destruction de son appareil politique et militaire
•Les élections générales qui étaient prévues quelques semaines plus tard ont bien entendu joué un rôle. Le gouvernement Olmert espérant, via les effets médiatiques d’une telle opération,  limiter la casse électorale face à un Netanyahu dont tous les sondages prédisaient la victoire.
•Enfin, au moment où les Israéliens prenaient déjà conscience de ce qu’allait être la politique de « détente » prônée par le président Obama envers l’Iran ; on peut se demander si Israël n’a pas voulu provoquer l’Iran et le Hezbollah.  Espérant une réaction militaire de l’un ou de l’autre. Réaction qui aurait pu tuer dans l’œuf, toute tentative de rapprochement entre les USA et l’Iran.

Forces et unités en présence

Palestiniens

Si le Hamas en compose le plus grand nombre, via sa branche militaire (Brigades Izz Al-Din Al Qassam) et ses forces officielles de sécurité (Force executive), les forces palestiniennes ne se résument pas uniquement à celles du Hamas.
En effet, il y a également :
•des combattants appartenant aux Brigades des Martyrs d’Al Aqsa (dépendantes pourtant du Fatah)
•ceux des Brigades Al Qods du Jihad Islamique
•des combattants du Front Populaire de Libération de la Palestine (Brigades Abu Ali Mustafa)
•les Brigades Al-Nasser Salahdin des Comités de Libération Populaire

Israël

La Brigade Golani, qui est une brigade mécanisée et une des unités les plus décorées de Tsahal
La Brigade Givati, notamment sa compagnie de génie d’assaut « Dolev » et le 432e bataillon d’infanterie « Tzabar ». Unité que l’on pourrait comparer aux Marines américains.
La Brigade Kfir avec entre autres, le 93e bataillon d’infanterie Haruv. La Brigade Kfir est une récente création spécialisée dans la contre-insurrection et contre-guerilla.
La 188e brigade blindée « Barak »
La 401e brigade blindée
La Brigade Parachutiste (Tzanhanim) avec entre autres, le 890è bataillon para et le 101è bataillon para
Hélicoptères d’attaque Cobra (AH-1E/F) et AH-64 Apache
Avions de combat F-16 Falcon et F-15 Eagle
Unités Sayeret (forces spéciales : voir annexe)

Les opérations

Adversaire asymétrique dans un environnement urbain – le piège !

Le gros problème des israéliens allait être de savoir contourner un adversaire asymétrique caché dans un environnement urbain. Pour résoudre ce problème, Tsahal a employé trois voies complémentaires :

1. Faire un usage massif, mais intelligent de sa supériorité technologique :
•S’appuyer sur des renseignements fiables
•Frapper le plus précisément possible l’appareil politico-militaire et les leaders adverses, massivement et en continu
•Surveillance tous azimuts de la zone (avant et pendant les opérations)
•Emploi généralisé d’armes de précision

2. Soumettre la volonté adverse plutôt que son terrain par l’intégration du facteur humain de la bande de Gaza comme un tout dans son opération
•Soumission des civils non impliqués à l’épouvante de bombardements incessants quoique discriminants (cf. l’usage du phosphore blanc).
•Refus israélien de laisser fuir les civils de la zone
•Faire subir à une population complice des terroristes « l’expérience » effroyable de la guerre et des bombardements pour l’effrayer et affaiblir sa détermination.
•Viser à effriter la volonté de combattre des miliciens comme des cadres en jouant sur le fait qu’une partie de la direction du mouvement était à l’abri au Caire et à Damas
•Bref, au lieu de penser « terrain » et « technologie », Tsahal est revenu à une vision plus  concentrée sur la psychologie adverse, frapper l’ennemi au moral par le biais de coups puissants, bien ciblés et d’une forte intensité permanente.

3. S’assurer la neutralité minimale de ses voisins et ainsi éviter que la Hamas dispose d’un sanctuaire voisin ainsi d’un soutien matériel et politique trop important
•A l’exception du Hezbollah ou de l’Iran, le Hamas n’a pas ou peu eu de soutien dans le monde arabe
•L’Egypte a même eu une attitude franchement hostile au Hamas, elle aurait même été jusqu’à participer à l’opération préalable de désinformation israélienne qui consistait à faire croire qu’il n’agirait pas si vite, afin de faire baisser sa garde au Hamas
•Les autres états arabes sont restés silencieux et attentistes, se contentant de laisser parler la rue sans apporter une aide significative aux assiégés.

Une meilleure préparation

Après le fiasco libanais en 2006, les matériels, les procédures et l’entraînement ont été repensés.

1. L’équipement
Il a été miniaturisé avec l’apparition de fusils d’assaut de taille réduite (micro-TAVOR), il doit permettre une meilleure puissance de feu (apparition de roquettes Matador spécialisées dans le combat urbain), on a vu l’apparition d’un nouveau VCI, le Namer, basé sur un chassis MERKAVA.

2. les procédures
L’occupation du terrain par l’infanterie est redevenue une priorité. Le partage des informations entre unités se fait beaucoup plus vite et la coordination inter-armes est bien meilleure.

3. L’entrainement
Il a été axé sur le fait de rendre le fantassin israélien plus indépendant plus longtemps.

Tsahal avait aussi particulièrement bien préparé cette opération sur le plan du renseignement. Aidé en cela par la spécificité géographique de Gaza, l’absence de moyens DCA du Hamas (permettant donc un survol permanent et une surveillance constante par les airs), mais aussi par de nombreux militants du Fatah qui collaborèrent avec les Israéliens en leur fournissant de nombreuses informations sur le frère ennemi du Hamas. De plus, après le fiasco libanais, le Shin Beth (service de renseignement intérieur) et AMAN (le renseignement militaire) ont amélioré leur coordination, notamment dans le domaine de l’interprétation du renseignement.

Techniques et tactiques

Dans cette opération, Tsahal a utilisé massivement des chiens : pour repérer les explosifs dans les maisons abandonnées et souvent piégées. Mais aussi, en leur faisant porter de petites caméras et des envoyer en reconnaissance dans certains bâtiments « à risques ». Ils serviront aussi pour inspecter les réseaux de tunnels souterrains qui pullulaient entre les habitations de certains quartiers. En effet, l’avancée des troupes israéliennes était particulièrement risquée de par ces réseaux de tunnels qui pouvaient dissimuler des petits groupes de combattants palestiniens prêts à bondir sur les arrières des sections d’infanterie de Tsahal.
Les israéliens ont pratiqué le bombardement maritime par l’intermédiaire de corvettes LM SAAR et de patrouilleurs Super Dvora et Hetz. A noter qu’à cette occasion ont été tirés sur des cibles terrestres, des missiles antichar Spike, par un patrouilleur Super Dvora. Ce qui fut une première dans l’emploi de ce genre de missiles.
Enfin, plutôt que d’aller s’enferrer dans le champ de bataille labyrinthique de Gaza- ville, et malgré les tentatives du Hamas de les y attirer ; les forces terrestres se sont contentées de coups de sonde violents, mais limités dans le temps, d’une certaine manière plus proches du   « hit and run » que de la conquête, type « saisir et tenir », du terrain.
Les forces terrestres de Tsahal ont souvent lancé des opérations de nuit afin de pouvoir profiter de leur supériorité en moyens de vision nocturne.
Les blindés ont avancé, appuyés par des moyens aériens conséquents (F-16 et F-15), soutenus par des hélicoptères de combat de type Apache et Cobra. A cette occasion, on a constaté une bien meilleure coordination entre l’aviation et les troupes au sol. Entre autres, grâce à des pods d’observations et de désignation améliorés. Les blindés avançaient de concert avec l’infanterie à la différence de 2006.
En périphérie des agglomérations, les compagnies de  chars Merkava se sont embossées dans des positions préparées par le génie, afin d’appuyer avec leurs canons de 120 mm la progression des fantassins.
L’artillerie israélienne a aussi joué un grand rôle. Guidées par des drones d’observation, les batteries d’artillerie de Tsahal, M-109 Rochev et Doher de 155 mm, sont entrées en action. En utilisant leurs tout nouveaux systèmes radar, les batteries équipées du M-109L Doher pouvaient « traiter » les positions ennemies supposées en les ajustant avec précision.
Se méfiant des nombreux pièges existant dont des mannequins avec explosifs, le génie d’assaut israélien a progressé, dans certains quartiers, de maison en maison en cassant les murs plutôt que d’emprunter les portes et les fenêtres par crainte de ces pièges.
Tsahal est revenu aux fondamentaux de la guerre aéroterrestre, telle qu’elle les pratiquait jusqu’en 1982, lors de la première guerre du Liban. C’est la coordination traditionnelle du choc, du feu et de la manoeuvre. Elle a réappris le combat d’infanterie, elle a su remotiver ses cadres, qui ne restent plus à l’arrière pour commander derrière leurs ordinateurs.
Stratégie
Israël semble avoir appliqué la théorie des cinq cercles qui est une stratégie d’attaque établie par John A. Warden III, colonel de l’United States Air Force, un des concepteurs de la stratégie de bombardement stratégique de la Coalition durant la guerre du Golfe développée depuis la fin des années 1980.
Elle est basée sur la considération que « l’ennemi est un système » constitué de cinq cercles (ou cinq anneaux) concentriques :
•1er cercle : le commandement
•2e cercle : les éléments organiques essentiels (production d’énergie, fourniture de carburant, approvisionnement en nourriture et finances)
•3e cercle : l’infrastructure, principalement les structures de communication physiques (routes, ports et aéroports)
•4e cercle : la population (qui assure la protection et le soutien des dirigeants)
•5e cercle : les forces armées ennemies

Selon cette théorie, il est nécessaire de frapper chacun de ces cinq cercles, ou à tout le moins le plus possible d’entre eux, afin de paralyser durablement les forces ennemies. Cette frappe doit se faire idéalement par bombardement aérien, permettant à l’attaquant de réduire au maximum ses propres pertes. Les armées ennemies deviennent alors des « appendices inutiles ».

En géographie militaire, la modalité de contrôle de la bande choisie par l’Armée de terre israélienne est la « maîtrise virtuelle » : Tsahal a cherché à couper la Bande de Gaza en deux, d’est en ouest, afin de diviser les forces palestiniennes pour tenter de les réduire une par une après. Par après, l’axe majeur de l’effort israélien s’est porté en direction du sud, vers Rafah, c’est-à-dire la frontière avec l’Egypte, ce que l’on appelle l’« axe Philadephie ». Jamais Israël n’a semblé avoir voulu occuper totalement le terrain. Tsahal n’a pas pénétré dans les zones à forte densité urbaine par crainte de trop lourdes pertes en hommes.

A côté de son attaque terrestre, Israël a donc entrepris de casser les tunnels – qui permettent la contrebande – de même que les PC enterrés à l’aide de munitions pénétrantes (bombes guidées JDAM et GBU-39 SDB-1 de 113 kg à l’uranium appauvri tirées par des F-15E),

Nouveaux matériels

Utilisation du nouveau modèle de char lourd Merkava 4. Ce modèle encore une fois amélioré du Merkava possède une tourelle très profilée qui augmentent les chances d’un ricochet d’un projectile ennemi même en cas de coup but. Ce blindé peut faire du 60 km/h et a une autonomie de 500 km
Par ailleurs, la Heyl Ha Avir (Force aérienne) a fait à nouveau un large usage de ses drones Hermes 450 Ziq de reconnaissance et de surveillance, stationnés sur la base aérienne de Palmahim, au sud de Tel Aviv. Ils seraient équipés de désignateurs laser au profit des F-16.
Des obus fumigènes M825 au phosphore blanc ont utilisés par l’artillerie israélienne. Le  phosphore blanc est une munition éclairante-fumigène et l’on a pu être étonné de l’utilisation de ces engins dans des conditions peu habituelles : détonation à faible altitude avec projection d’éclats vers le sol, et ce en pleine journée alors que les éclairants sont plus efficaces à haute altitude et les fumigènes plus prés du sol. Deux explications sont possibles et peut-être complémentaires. Cette munition peut avoir été utilisée pour faire exploser les nombreux IED laissés par le Hamas dans sa retraite. Elle peut aussi avoir été utilisée pour son impact psychologique sur les populations civiles, en jouant sur la peur du feu et de ce qui ressemble à des armes à sous-munitions. Cette dimension de guerre psychologique serait tout à fait cohérente avec l’analyse faite plus haut de la doctrine israélienne visant à épouvanter les civils afin de les conscientiser du risque que leur ferait courir le Hamas.
L’armée israélienne aurait aussi utilisé une arme expérimentale de fabrication américaine, à base de Dense Inert Metal Explosive, développées pour le contexte d’une guerre asymétrique, et caractérisées par une puissance de souffle accru sur un rayon d’une dizaine de mètres. Ces armes causent des lésions incurables dans les tissus mous et les os des organismes vivants. Disposant d’un grand pouvoir d’explosion, elles ont un rayon d’action limité afin d’éviter les dommages collatéraux mais leurs éclats possèdent des effets cancérigènes et génotoxiques. Des médecins non palestiniens décrivent les effets :: « À 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées,… Ils n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire ».
Le nouveau fusil mitrailleur israélien TAVOR TAR-21 a été massivement mis en service dans certaines unités et donc utilisé lors de ces opérations. Mais nous ne disposons pas d’analyse particulière sur son efficacité sur le terrain.

Modus operandi palestinien

Les palestiniens possédaient des positions fortifiées très organisées, reliées entre elles par des tunnels. Connaissant parfaitement le terrain, les miliciens islamistes avaient crée nombre de zones piégées, les fameux « booby-trapps » ou « pièges à cons », véritables casse-tête pour leurs unités de démineurs.
Appuyés par des batteries de mortiers moyens (81 et 82 mm) et utilisant des lance-roquettes antichar portatifs, les combattants palestiniens ont essayé d’attirer les unités israéliennes dans le cœur des agglomérations. Il y aurait aussi eu des tentatives d’enlèvement de soldats israéliens.
Des commandos suicides auraient été employés par le Hamas contre des blindés israéliens, sans que l’on sache si ces engins ont pu être endommagés ou non. 
Les forces palestiniennes disent avoir détruit un hélicoptère et plusieurs chars israéliens de type Merkava en utilisant des missiles de fabrication russe de type Metis-M et Kornet. Israël a démenti toute perte de cet ordre.
Selon plusieurs sources, il semblerait que certaines unités palestiniennes aient trouvé à s’équiper, partiellement du moins, d’uniformes israéliens, ce qui aurait semé la confusion dans les rangs de Tsahal lors de combats rapprochés.
Il semblerait aussi que les forces palestiniennes utilisaient régulièrement des commandos à motos pour tenter des incursions éclair sur les arrières des blindés israéliens, cherchant à les détruire à l’arme antichar portative.
Il semblerait que plusieurs des tués israéliens l’ont été suite à l’attaque de commandos- suicides du Hamas. Notamment sur le PC tactique de la Brigade Golani établi dans un quartier nord de Gaza-Ville. Lors de cette tentative audacieuse de destruction de l’état-major de la brigade israélienne, son chef de corps, avait même été blessé. Blessure qui aurait été mise, par après, sur le compte d’un tir ami afin de ne pas créer de psychose du kamikaze.
Les combattants palestiniens semblent avoir utilisé des moyens antichars modernes contre les blindés israéliens : un véhicule blindé S-4700 ‘Safaron’ semble avoir été touché au moyen d’un missile antichar guidé de type Métis-M près de l’ancienne colonie de Netzarim.

Quelques places de combats

•Khan Yunes
•Beit Lahya (Nord)
•Sadjiaya, dans les faubourgs de Gaza-Ville : où un officier parachutiste aurait été tué
•Beit Hanoun
•Jabaliya : où des éléments de la brigade Givati et Para furent engagés. On y trouvera un réseau de tunnels, de points fortifiés et une fabrique de munitions et de roquettes.
•Abasan, devant Khan Younès, au sud de la Bande de Gaza.
•point de contrôle de Kissufim (nord de Khan Younès) où le 93e bataillon d’infanterie Haruv, appartenant à la Brigade Kfir a été sérieusement accroché
•Deir Al Balah, à mi-chemin entre Khan Younès et Gaza-Ville, où un lieutenant de la Brigade Kfir y aurait été tué lorsque sa section tentait de prendre d’assaut un groupe d’habitations fortifiées, reliées par des tunnels
•quartier de Sejayah, où une très violente attaque aérienne y a détruit un complexe défensif palestinien.
•le quartier de Zeitoun, dans Gaza-Ville.
•points de contrôle de Soufa, camp de réfugiés de Shati, point de contrôle Kisuffim à l’est de Khan Younès : des unités spéciales y auraient opéré
•quartier de Cheikh Ajlin, à l’est de Gaza : les forces spéciales israéliennes y furent très actives et plusieurs combattants palestiniens auraient d’ailleurs été tués dans une embuscade
•ancienne colonie côtière de Netzarim, sorte de no man’s land entre les agglomérations de Khan Younès et de Gaza-Ville
•point de contrôle de Sufa, au sud de la Bande de Gaza
•village de Khouzaa, au sud-est de Khan Younès, ou des unités israéliennes ont pénétré mais se sont retirées après avoir été prises sous le feu de tireurs d’élite et de moyens antichars RPG. Le village a ensuite été la cible de tirs de blindés lourds.
•le quartier de Tall al-Hawa dans le centre de la ville ainsi que celui de Zeitoun

Enseignements

Le contrôle de l’information

Il fut total de la part d’Israël et très strict. Rien ne filtra, même auprès des journalistes spécialisés en Israël. En 2006, il y avait eu de nombreuses fuites de la part des officiers. Cette année, rien. Les ordres étaient stricts. Il semblerait que certains commandants de Tsahal auraient confisqué les téléphones portables de leurs soldats afin que ces derniers ne puissent communiquer sur les opérations en cours, l’état et le moral des troupes, à leurs proches lors des temps de repos. Tsahal a refusé d’autoriser l’entrée des correspondants étrangers à Gaza chaque fois que les points de passage étaient ouverts et ceci malgré des décisions de la justice israélienne.
A côté de cela, Israël a essayé de limiter la diffusion de la propagande adverse :
•attaque de la télé du Hamas : Al Aqsa
•pression directe sur l’Egypte et indirecte sur l’Arabie Saoudite pour qu’ils fassent cesser la diffusion de la télé Al Manar via leurs satellites respectifs NILESAT et ARABSAT
•plusieurs sites d’information officielle palestiniens ont été hackés
•Plusieurs quotidiens palestiniens ont du cesser de paraître dont celui du Hamas, Al-Risala

Tirs fratricides

Il y a encore un sérieux problème au sein de Tsahal concernant les procédures pour éviter les tirs fratricides. Ainsi, deux officiers (l’un de la brigade Golani et l’autre de la brigade Para) ont été tués par des blindés israéliens qui ont ouvert le feu sur le bâtiment dans lequel ils se trouvaient encore.

Géopolitique

Une grande première aura sans nul doute été la collaboration quasi-officielle entre l’Etat hébreu et l’Egypte contre une organisation palestinienne majeure.

Internationalisation

Les services de renseignement de Tsahal auraient identifié plusieurs dizaines de volontaires jihadistes internationaux parmi la résistance palestinienne. Selon certains sites islamistes internationaux, Abou Mohammad al-Merri, un jihadiste saoudien aurait été tué lors de l’opération Plomb durci. Si cette internationalisation se confirme, ce sera sans conteste une nouvelle donne avec laquelle, il faudra compter.

Bilan pour le Hamas

Les revers auraient été limités pour le Hamas malgré la perte d’une partie de sa logistique et de plusieurs responsables. En effet, les échelons militaires supérieurs du Hamas, entrés en clandestinité, ont réussi à garder un niveau raisonnable du contrôle de leurs forces. Et ceci, depuis des bunkers et tunnels fortifiés. Les capacités de tir du Hamas ne se sont pas effondrées.
Il est également difficile d’estimer les réelles capacités du Hamas à donner du fil à retordre à Tsahal puisque le Hamas a souvent refusé le combat afin d’attirer les Israéliens au cœur des agglomérations. Ce que ces derniers ont le plus souvent réussi à éviter.
Le Hamas  n’a en tout cas jamais été mis hors de combat et les tirs sur Israël ont malgré tout continué (les 5 derniers jours de « Plomb durci », on comptait une moyenne quotidienne de 20 projectiles qui tombaient sur Israël).

Tsahal prêt pour la revanche contre le Hezbollah ?

Tsahal semble effectivement avoir tiré les leçons de sa guerre ratée de 2006. Mais la disparité énorme entre ses moyens et ceux du Hamas, ainsi que la différence géographique, ne permet pas de juger si Tsahal pourrait enfin engranger un succès face à un Hezbollah bien plus puissant, entraîné et armé que le Hamas. Et qui, lui aussi, sait tirer des enseignements de ses propres opération set de celles des autres.

Annexes

Annexe 1 : Cadres palestiniens éliminés

Tarek Abu Hamshab de Beit-Hanun – et Muhammad Najar de Jabalya : Cadres de la structure militaire du Hamas. Ils ont été éliminés par le Shin-Bet, la sûreté intérieure israélienne
Ahmad Jabari : Cadre du Hamas, tué par un raid de l’aviation israélienne qui a visé son domicile dans le quartier périurbain de Sajiya au nord de la Bande de Gaza.
Amir Mansi : Autre responsable du Hamas, aurait trouvé la mort dans des circonstances semblables. L’aviation israélienne aurait, à chaque fois, employé une bombe guidée GBU-39,
Said Siam : Ministre de l’intérieur de Gaza, éliminé par une frappe de l’armée de l’Air israélienne. C’est lui qui avait mis en place, la Force executive, organe de sécurité dépendant du Hamas. Il était l’un des acteurs de la reprise militaire de Gaza face au Fatah.
Salah Abu Sharah : Dirigeant du Conseil de sécurité,  éliminé par une frappe de l’armée de l’Air israélienne dans la ville de Gaza.
Tawfik Jaber : Chef de la police à Gaza, ancien proche d’Arafat
Salah Abu Shrakh : Chef des services de sécurité
Ismail Al Ja’abari : Responsable de la protection des dirigeants du Hamas
Ahmed Ashur : Gouverneur du « secteur Centre » de gaza
Wajih Mushtahi : Membre du Jihad islamique palestinien, ancien membre du Comité olympique palestinien
Ziad Abu Tir : Responsable des bataillons d’Al Qods, branche armée du Jihad islamique
Ali Hijazi : Commandant local des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa du Fatah
Abd Al Qader Nizar Ghayan : Haut responsable de la direction du Hamas. Il était l’un des fondateurs des Brigades Izz Al-Din Al Qassam
Hussan Hamdan : Spécialiste au sein du Hamas pour les tirs de roquettes
Muhammed Hilu : responsable des forces spéciales du Hamas à Khan Yunis
Ayman Siam : responsable du réseau de lancement de roquette et chef de « l’artillerie » du Hamas
Imad et  Hassan Abu Iskar : membres importants des Brigades Izz Al-Din Al Qassam
En tout, on estime que 20 commandants d’unités du Hamas ont été tués ainsi que 3 de ses principaux dirigeants

Annexe 2 : Bilan en chiffres

Lors de l’opération purement aérienne qui a duré du 27 décembre au 3 janvier :
•plus de 500 cibles ont été détruites dont environ 100 tunnels reliant gaza à l’Egypte.
•600 sorties d’avion
•100 sorties d’hélicoptères
•Centaines de sorties de drônes  

Les pertes israéliennes :
•Tués : 10 soldats et 3 civils
•Blessés : 113 soldats et 80 civils
•Pertes matérielles : il semble que Tsahal n’ait pas eu à subir la perte totale d’un véhicule ou d’un aéronef même si le Hamas prétend en avoir détruit certains mais sans preuves.

Les pertes palestiniennes
•Tués : 1300 palestiniens dont 410 enfants et 108 femmes. Dans les morts, il faut compter aussi une partie de combattants (150 selon les groupes palestiniens qui ne comptaient pas les policiers victimes – 600 selon Tsahal)
•Blessés : 5300
 

Annexe 3 : Forces spéciales israéliennes

Elles portent le nom de Sayeret, qui signifie littéralement en hébreu « unité de reconnaissance ». Dans la réalité, ces unités ont les missions habituelles des forces spéciales. Chaque brigade dispose d’une Sayeret mais il en existe qui sont totalement indépendantes.

Sayeret Matkal : unité d’opérations spéciales qui fonctionnent sous la direction des renseignements militaires. Elle peut faire des reconnaissances en profondeur mais est également très compétente dans le cadre de l’anti-terrorisme. On peut la comparer aux SAS britanniques ou à la Delta Force US. C’est cette unité qui a participé à l’opération sur Entebbe
Shayetet 13 : commandos de marine
Sayeret Shaldag : commandos de l’aviation, utilise des technologies de combat avancées
Sayeret Yahalom : unité spéciale de génie spécialisée en destructions
Sayeret Golani : reliée à la Brigade du même nom mais considérée comme la plus efficace des Sayeret rattachées à une brigade.
Sayeret Egoz : spécialisée dans la contre guérilla
Unit Oketz : unité avec chiens de combat (compte une femme à l’effectif)
Unit Moran & Unit Meitar : Unités spéciales spécialisées dans le combat anti)char
Unit Yachmam : Unité de reconnaissance en profondeur et repérage de cibles pour l’armée
Unit Yanmam : unité aéroporté qui a des moyens air-sol
Sayeret Maglan : unité aéroportée avec des moyens antichar
Sayeret Haruv – Sayeret Shaked: Forces spéciales
Sayeret Duvdevan : unité spécialisée dans le contre terrorisme au sein des territoires occupés
Unit Yaban : unité de protection de la force navale (qui compte une femme dans ses rangs)
Unit Yaltam : unité de la marine spécialisée dans la récupération et le sauvetage
Unit 669 : unité de secours aéro-médicale
Palsar 7 & Palsar 188 & Palsar 401 : unités de reconnaissance (Palsar = compagnie de reconnaissance) des 7è, 188è et 401è Brigades blindées
Unit 5707 Unité de reconnaissance en profondeur et repérage de cibles pour l’armée de l’air
Unit 869 : unité spécialisée dans la surveillance et l’observation
Unit Alpinistim : unité de montagne pour les patrouilles dans le Golan et pour la protection des stations d’écoutes situées sur le Mont Hermont et Har Avital. Elle participe aussi à des opérations de sauvetage en montagne.

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